Bulletin d’informations syndicales de SUD Education et Recherche 86 - février 2014

Poitiers, le 4 février 2014
mercredi 12 février 2014
par  SUD Education Var

A Poitiers, dans la Vienne, comme ici, localement, mais comme aussi dans de nombreuses universités, l’heure est aux économies tout azimut même si elles sont à la limite de la légalité, voire illégales. C’est pourquoi nous recopions, ici, le :


Bulletin d’informations syndicales de SUD Education et Recherche 86

Poitiers, le 4 février 2014

5% de réduction des coûts d’enseignement, dégradation des conditions de travail : le lien ?

SUD a toujours dénoncé la politique – parfois illégale – de réduction des volumes d’enseignement au détriment des conditions de travail des enseignants et enseignants-chercheurs (EC).

Rappelons le dernier exemple en date sur lequel SUD a bataillé et gagné en 2012 à l’UFR Lettres&Langues quand il s’est agit de transformer en cours d’année certains CM en TD. Du fait de cette transformation, un contenu pédagogique de 20h présence étudiant s’est vu comptabilisé 20h éq. TD au lieu de 30 h éq. TD ! Voilà un exemple très concret de dégradation des conditions de travail qui ne s’est pas atténuée à ce jour car les maquettes continuent d’être modifiées dans ce sens et en période d’ajustement c’est une des options choisies pour réduire les coûts des formations. Or quel salarié accepterait une augmentation de x% de son temps de travail à salaire constant ?

Autre exemple, le corps universitaire accepte naturellement que le temps Recherche serve de variable d’ajustement, de zone-tampon : « Untel peut bien enseigner ce CM en TD, avec 8h par semaine sur 24 semaines, il ne se fatigue pas beaucoup... et finalement un CM : est-ce si différent d’un TD ? [1] » Aussi cette politique CM/TD participe-t-elle à la réduction du temps consacré à la Recherche –ce temps si précieux érodé d’année en année– considéré comme du temps « non salarié », voire libre.

Parlons également de la mutualisation des enseignements. Elle est bien évidemment envisageable si et seulement si les objectifs pédagogiques le permettent. Mais cette proposition est généralement dictée par des impératifs comptables et elle s’impose plus qu’elle ne se choisit au vu de la cohérence des formations. Bien souvent les cours mutualisés ne conviennent ni à l’une ou l’autre des deux, voire trois, formations concernées. Parlons-en avec les étudiants, sereinement. La mutualisation est, au final, contre-productive et malhonnête, eu égard aux intérêts des étudiants qui eux, à l’origine, ce sont inscrits dans une filière (et non pas dans deux ou trois, c’est-à-dire dans aucune) avec des attentes de cours très précises.

La variable du nombre d’étudiants par groupe de CM, TD, TP contribue également à dégrader les conditions de travail. En effet, alors que l’EC a préparé son enseignement – cela ne se fait pas la veille pour le lendemain, il est utile de le rappeler pour certaines personnes très éloignées de l’enseignement universitaire de qualité– il pourrait lui être signifié en cours d’année que l’UE n’ouvrira pas du fait des effectifs. Nous l’avons dit et écrit : 1h TD c’est 4,2h de travail statutaire. Sur ce volume, un Tribunal Administratif devrait raisonnablement conclure que 3h environ sont consacrées à l’élaboration, à la conception du cours [2]. En annulant l’enseignement, l’Etablissement piétine nos droits, aussi faut-il exiger un engagement de l’Etablissement –composante, UFR département– dès juin/juillet sur les cours attribués. Si la composante décide de ne pas ouvrir une UE, un enseignement, il faut néanmoins exiger le paiement des heures de préparation soit 3h temps de travail = 0,71 h éq TD !

Une autre possibilité généralement retenue pour réduire le coût des enseignements est le recours aux heures complémentaires. Rappelons qu’elles sont sous-payées – guère plus que le SMIC horaire – comparées au coût statutaire [3]. Le Président et le CA ont accepté le doublement du service statutaire pour un EC, soit 192h d’heures complémentaires. SUD s’est opposé et ses élus ont voté contre. Cette politique tue l’emploi, favorise la dégradation des missions principales de l’Université – enseignement ET recherche – et conforte une caste d’enseignants-enseignants voire enseignants-administratifs déconnectés de la Recherche. Par cette politique, l’Université incite le corps des universitaires à ne pas mener l’une des missions majeures de l’Université, la Recherche. SUD s’est toujours battu contre cette politique du pire, déclarant même qu’elle était illégale car l’établissement permet à l’enseignant de travailler 384h sur 24 semaines d’enseignements soit 16h / semaine en moyenne. Or une circulaire ministérielle confirme qu’il est illégal pour un enseignant-chercheur d’enseigner plus de 11h équivalent TD par semaine (rappel : 11h TD = 11 x 4,2h = 46h travail légal) [4]. En effet, une directive européenne interdit de travailler plus de 48h par semaine (entendre ici travail salarié).

Le pire c’est que la communauté universitaire assume de bon gré ces dégradations... au nom du Service Public, or, justement, la dégradation des conditions de travail participe inéluctablement à la dégradation du Service Public et des Missions que nous devons remplir.

Aussi, boycottons toute politique participant à la dégradation de nos conditions de travail. En ce sens, et dans la recherche de l’unité la plus large dans les luttes clairement définies, SUD Education et Recherche 86 approuve la position du département de Sociologie de l’Université de Poitiers, réuni le 30 janvier 2014, pour dire, à l’unanimité des présents, de ne pas participer aux réunions de travail convoquées par la direction de l’UFR sur la baisse des volumes d’enseignements. Cette décision exprimant le « refus de participer au sabordage de nos propres formations et de nos services dans un contexte d’appauvrissement volontariste, orchestré et durable des universités. » [5]

Il est urgent de s’opposer clairement à toutes ces mesures que nous venons de rappeler et qui, par petites touches, cassent insidieusement mais sûrement nos statuts, fragmentent notre communauté et provoquent des souffrances au travail.

Il est urgent de s’unir aux autres Personnels des Bibliothèques, de l’Administration, aux techniciens, ingénieurs, personnel de santé, qui subissent également et depuis longtemps de graves dégradations de leurs conditions de travail.

Contactez-nous ! Rejoignez-nous !



[1Ces propos sont trop souvent entendus de la bouche d’enseignants-administratifs ou d’administratifs-administratifs, la nouvelle caste caporaliste mandarinale qui continue à se développer avec cette prétendue Autonomie LRUesque !

[23h pour la conception du cours, ce qui est par ailleurs très en-dessous de la réalité pour un cours de spécialité. Néanmoins, ce temps de préparation comptabilisé sur une habilitation de 4/5 ans –si et seulement si le cours est maintenu– est acceptable. Ajoutons aux 3h, 1h à sa diffusion (cours en présentiel) et 0,2h pour l’évaluation, nous arrivons à 4,2h. Un juge au TA suivrait ce partage. (0,2 h par heure eq TD pour préparation et corrections ; rappelons que la surveillance des examens n’est pas dans les statuts d’un EC sauf si ces examens ont lieu sur le temps horaire d’enseignement : contrôles continus par exemple. Pour preuve, à l’IAE de l’Université de Poitiers, les EC sont rétribués pour les surveillances d’examen, ce qui veut dire que c’est autorisé par l’Agent Comptable, donc que c’est un acte légal, et donc que la surveillance hors service statutaire ne va pas de soi = CQFD ! Donc, exiger d’un EC qu’il surveille d’autres examens que les siens gratuitement est illégal. Dans ce sens, nombreuses UFR ont établi des règlements illégaux.

[3Prenons un revenu moyen de 4 500 euros mensuel brut et cotisations patronales comprises, divisons par deux – statutairement recherche 50% et enseignement 50% – et concluons : 4 500 x 12 /2 / 192h = 140 € brut de l’heure éq. TD.
Actuellement, l’Etat rémunère à 43 euros eq. TD soit 43 pour 4,2 h travaillées = en gros 10 € de l’heure ! Le SMIC est à 9,53 € brut au 1er janvier 2014.

[4http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/pid20536/bulletin-officiel.html?cid_bo=60265&cbo=1 ; voir aussi article 6 de la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du conseil du 4 novembre 2003.

[5Texte du département de Sociologie de l’université de Poitiers du 31 janvier 2014 en ligne sur le site :
http://www.sudeduc86.org/spip.php?article549


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Brèves

Coordination de l’Université de Toulon

mardi 31 mars 2009

Contacts pour la Coordination de l’Université de Toulon qui mène la lutte depuis 8 semaines

Un site d’informations : www.intersyndic-tln.fr

Un mail : coordination AT intersyndic-tln.fr

Un téléphone : 04 94 14 23 67

Convergence des luttes - Vendredi 3 avril 2009

mardi 31 mars 2009

17H00 :"Nuit des convergences" (concerts, tables rondes, AG, film...)

18H00-19H30 : AG "Monde de l’éducation

AG du monde de l’Education

samedi 21 mars 2009

Face à la privatisation de notre système éducatif et le filtrage de l’information auquel nous assistons, la Coordination Nationale des Université appelle à élargir, de la maternelle à l’université et à l’ensemble des acteurs de l’Education, le mouvement que nous menons depuis plusieurs mois (depuis la rentrée 2008 pour les IUFM, depuis le mois de novembre 2008 pour les IUT et depuis le mois de janvier 2009 pour l’ensemble des universités).

Dans ce but, la coordination locale de l’université de Toulon vous invite à une

Assemblée Générale
mercredi 25 mars 2009
17h00
en amphi 400
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