Le conseil pédagogique dans les EPLE

SUD Education Var
vendredi 2 décembre 2005
par  SUD Education Var

Résumé et commentaires du rapport présenté par : Ghislaine MATRINGE, inspectrice générale de l’éducation nationale.

Dans le cadre de la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école, la création d’un conseil pédagogique est prévue dans chaque établissement public local d’enseignement selon L’article L.421-5 du code de l’éducation. Il est en rapport étroit avec le développement de l’autonomie pédagogique des établissements et va de pair avec la mise en œuvre de la LOLF « qui va donner aux établissements une responsabilité budgétaire plus grande en fonction d’objectifs pédagogiques clairement déterminés dans le cadre d’un contrat entre l’académie et les établissements. Cette nouvelle marge d’initiative doit être utilisée par les établissements au profit d’une organisation plus efficace ».

Au départ, le ministre a voulu connaître, en 2004-2005, toutes les expériences faites à ce sujet. Et malgré un constat lourd (les deux tiers des académies n’ont pas de conseils pédagogiques) ce rapport se veut optimiste puisque « l’idée du conseil fait donc son chemin ». Ainsi, dans ce rapport, figure un certain nombre d’expériences qui ont pour but de culpabiliser ceux qui ne font rien et, en même temps, montrer ce qui doit être fait.

- On commence donc par dire que la pédagogie prend peu de place dans l’établissement (au CA on discute plus finances !).

- On déplore que le conseil d’enseignement continue d’exister. On critique son mode de fonctionnement. Il n’y en a que deux par an et les enseignants se limitent à concocter leur emploi du temps et choisir le matériel pédagogique. Dans ce rapport, on fait parler un professeur qui, j’en suis sûre, sera bien noté : « on ne peut se contenter de décréter le travail en équipe, il faut le susciter, le favoriser, créer les conditions de sa réalisation. » Bien sûr on attribue ce manque de concertation à l’éclatement des emplois du temps !!

- On parle aussi de la prudence des établissements, de la méfiance des profs face au renforcement de la responsabilité des établissements (on nous ridiculise par la même occasion) « Les arguments évoqués, les scenarii envisagés - certains frôlant parfois la caricature- par des professeurs hostiles au renforcement ». Même des inspecteurs qui craignent que cette instance les remplace alors que « la circulaire rectorale adressée aux chefs d’établissement en 2004-2005 insiste fortement sur la frontière infranchissable entre d’une part la pédagogie, dont peut parler le conseil pédagogique, d’autre part, la didactique, domaine strictement réservé aux corps d’inspection ».

En un mot, arrêtons d’avoir peur : il est « indispensable pour assurer la réussite des élèves » On va le montrer par des exemples. Le rapporteur parle de ces expériences avec enthousiasme. On ne voit pas pourquoi on refuserait.
A partir de ces expériences, on fait des propositions pour bien montrer qu’on dialogue et qu’on n’impose rien. Comme d’habitude....

Proposition 3 :
Laisser l’initiative des thèmes de travail aux conseils pédagogiques dans le respect de la liberté pédagogique des enseignants et du champ de compétences des personnels de direction.
En lisant cela, forcément, on peut se demander ce qui peut nous faire peur !!

Dans ce cas, qu’est que le conseil pédagogique ?

« Ce conseil, présidé par le chef d’établissement, réunit au moins un professeur principal de chaque niveau d’enseignement, au moins un professeur par champ disciplinaire, un conseiller principal d’éducation et, le cas échéant, le chef de travaux. Il a pour mission de favoriser la concertation entre les professeurs, notamment pour coordonner les enseignements, la notation et l’évaluation des activités scolaires. Il prépare la partie pédagogique du projet d’établissement ».

On n’a pas encore bien défini les modalités de désignation des membres du conseil pédagogique. On cite ce qui a été fait mais, puisque le chef d’établissement désigne le coordonnateur de chaque matière et les professeurs principaux, il se pourrait aussi, et c’est la Proposition 9 :
Le chef d’établissement désigne les membres du conseil pédagogique sur proposition des équipes pédagogiques réunies par discipline et des professeurs principaux réunis par niveau d’enseignement.

De même pour les fréquences des réunions, on montre que quand on aime, on ne compte pas ! : « La fréquence moyenne de trois réunions plénières annuelles peut être beaucoup plus importante en fonction des nécessités. Certains conseils déclarent s’être réunis régulièrement une fois par mois, parfois même plus souvent à l’occasion de l’actualisation du projet d’établissement. »

Que peut-on craindre ?

Ce rapport, évoque des expériences qui peuvent faire craindre le pire pour notre avenir professionnel : la liberté est donnée aux établissements :
- annualisation du temps de travail ? « passage possible du rythme des heures de cours hebdomadaires à des séquences mensuelles. »
- augmentation du temps de présence dans l’établissement et par conséquent du travail : réunions régulières selon la volonté du chef d’établissement et des collègues ambitieux et désireux d’être bien notés. (note au mérite !).
- nouvelle classe de superprofs : Pouvoir aux conseillers pédagogiques.

L’interview de De Robien dans Le Figaro (dans ce journal de droite, il ne va pas par quatre chemins !!) montre bien sa détermination :

« La gestion des ressources humaines, qui semble avoir été longtemps un mot tabou dans ce ministère, doit devenir plus transparente, dynamique et compréhensive... Plus humaine, en somme. J’entends par conséquent qu’elle n’appartienne qu’à ceux qui connaissent le mieux les personnels : les recteurs, les chefs d’établissement et les corps d’inspection. Et je compte sur eux pour mieux évaluer les enseignants, en intégrant dans leurs notes des valeurs comme celles de l’engagement, de la performance, du mérite... ainsi d’ailleurs que la bonne volonté mise à appliquer les lois, comme pour les remplacements d’absence, par exemple. » (le Figaro du 28 octobre 2005)

Le gouvernement continue son travail de destruction. La loi Fillon se met en place sournoisement. Il faut faire de la résistance.

Nous pourrons réussir à emporter ce bras de fer que si nous sommes nombreux.


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