Les Langues vivantes dans le collimateur

mercredi 1er février 2006
par  SUD Education Var

Une mise en place discrète.

On commence par ferrer le poisson. Sous couvert de « pédagogie ».
C’est ainsi que, d’ores et déjà, l’an dernier, il y eut quelques expérimentations plutôt confidentielles, semble-t-il, initiées par des inspecteurs-trices (cautions pédagogiques, donc) et permettant de laisser croire qu’on testait l’intérêt des futures dispositions.
Puis, en septembre dernier, ont été mises en place, l’air de rien, dans certains établissements (combien ? difficile de savoir) des « expériences-pilotes ». Quelques groupes de langues ayant été mis en barrette, les professeurs, peu méfiants ou séduits par l’idée de travailler avec des effectifs réduits, se sont livrés à l’application des textes publiés en catimini le 23 août 2005.
Et probablement qu’à la rentrée prochaine, des « expériences » à plus grande échelle seront organisées dans les établissements pour s’étendre finalement à tous les cours de langues à la rentrée 2007-08, comme prévu dans le décret du 23 août 2005.

Le décret : du clair et du flou

Le clair :

Ce décret (entre autres) :
- stipule que : les enseignements de langues vivantes étrangères peuvent être dispensés en groupes de compétences, indépendamment des classes ou divisions (DONC, les professeurs de Langues sont ÉLIMINÉS des équipes pédagogiques : ils auront devant eux des élèves lambda qui feront éventuellement des allées et venues entre les divers groupes de compétences aux effectifs imprécis) ;
- ne cite pas le mot « baccalauréat », mais parle de certifications organisées par le ministère chargé de l’éducation nationale dans un cadre défini, le cas échéant, conjointement avec des organismes délivrant des certifications étrangères internationalement reconnues et avec lesquels l’Etat a passé une convention (PLUS DE BAC NATIONAL ANONYME, juste un bagage-cabine pour ceux qui auraient l’idée d’aller dans un pays étranger) ;
- en déclinant les fonctions de ses membres, montre clairement que la commission sur l’enseignement des langues vivantes étrangères, composée de plus d’une vingtaine de personnes ne comprendra que trois professeurs de LVE et, éventuellement, un inspecteur-pédagogique de LVE (le choix des langues à enseigner dans les établissements sera donc effectué par des personnes plus préoccupées d’organisation et de rentabilité que de pédagogie et de diversité linguistique. Rappelons-le : le socle minimum s’adresse aux PAUVRES).

Le flou :

Pourquoi donc tant de mystère et de précautions ?
Pourquoi les LV n’apparaissent-elles pas dans les nouvelles sections en même temps et au même titre que les autres matières (par exemple, pour les STG qui passeront le baccalauréat dès la fin de l’année prochaine, les programmes en anglais ne sont pas encore publiés) ?

Pourquoi le décret reste-t-il aussi vague sur des points essentiels comme :
Qui va réellement délivrer ces certifications ?
Seront-elles des diplômes à part ou bien feront-elles l’objet d’une note, coefficientée au bac ? (si cela ne fait plus partie du bac, évidemment, on peut subodorer une déperdition énorme des effectifs et des motivations)
Y aura-t-il un écrit ? un oral ? (les deux ?) au moment du bac ? Et qui sera chargé des sujets ?
Quand auront lieu ces certifications ? dans le courant de l’année ? Laquelle ?
Que feront ceux qui auront obtenu la certification finale avant la fin du cycle secondaire ?
Sera-t-il obligatoire d’avoir des certifications dans deux langues différentes ou bien pourra-t-on faire l’impasse sur la deuxième langue (quand on sait le casse-tête que l’organisation des groupes va entraîner, il semble tout à fait vraisemblable que la fameuse commission optera pour la deuxième solution, non ?) ?
Si ce « diplôme » n’est pas inclus dans la scolarité au même titre que les autres, sera-t-il possible d’abandonner avant d’atteindre le dernier palier ?

[Si vous avez des notions d’anglais, allez voir sur ce site : http://www.toeic-europe.com/index-fr.htm les exemples de tests proposés. Vous serez édifiés sur leur indigence, tant sur le plan pédagogique que culture, et sur les choix d’orientation. C’est cela qu’on veut nous faire enseigner. Cela va certainement inciter les élèves à aller jusqu’à la certification finale. Et même à en redemander en optant pour une LV2 !]

C’EST BIEN LA FIN DE L’ECOLE POUR TOUS.

Des pans entiers du système éducatif sont abandonnés. Les élèves les plus vulnérables seront éliminés dès 14 ans. Les enseignants de langues, sans élèves, devront enseigner d’autres disciplines (d’où la fameuse bivalence, ressortie du chapeau à point nommé, pour permettre les remplacements et le recyclage des enseignants privés de cours).

A QUI LE TOUR, ENSUITE ?

Tableau noir absurde ? Pessimisme outrancier ? Il ne vaut mieux pas parier.
Les raisons de la colère ne manquent pas :

MOBILISONS-NOUS TOUS ENSEMBLE.



Rappel :
Notes : Décret n° 2005-1011 du 22 août 2005 relatif à l’organisation de l’enseignement des langues vivantes étrangères dans l’enseignement scolaire, à la réglementation applicable à certains diplômes nationaux et à la commission académique sur l’enseignement des langues vivantes étrangères.
C’est Educational Testing Service (ETS), un organisme privé ou à but non lucratif selon le site !, basé à Princeton, New Jersey, qui est à l’origine de la création du TOEFL et qui s’occupe aujourd’hui de développer et de gérer le test. http://www.toeic-europe.com/index-fr.htm

Texte intégral du décret :
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/31/MENE0501621D.htm


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