Les années se suivent et se ressemblent. Encore des suppressions de postes pour la rentrée 2008.

SUD Education Var
samedi 23 février 2008
par  SUD Education Var

Le pharmacien : « Mais... mais qu’est ce que c’est
qu’cette matière ? Mais... Mais c’est d’la merde ! »
Preskovic : « Non, c’est kloug. »

Personne n’ignore la volonté du gouvernement de ne remplacer qu’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique. Pour faire passer la pilule, il avait été annoncé que les économies réalisées seraient partagées entre la résorption de la dette de l’état et la rémunération des fonctionnaires. Cette approche laissait entendre que les salaires des fonctionnaires pourraient augmenter.

Il n’en est rien, le budget prévoit la suppression de 1 500 emplois au titre des évolutions démographiques, 1 700 emplois au
titre de la rationalisation des moyens et 2 130 emplois de stagiaires, soit environ 4200 équivalents temps plein supprimés,
auxquels il faut ajouter la transformation de 3500 emplois en
63 000 heures supplémentaires. Il n’y a donc aucune redistribution
aux fonctionnaires des économies réalisées mais tout simplement la volonté de les faire travailler plus.

Sur les documents ministériels, aucun détail n’est donné sur les modalités de calcul des moyens respectifs de chaque académie. On ne raisonne plus en terme de moyens nécessaires mais en terme d’objectif de suppression de postes. Les moyens de chaque académie sont donc comparés à la situation moyenne de toutes les académies ce qui a pour unique objectif de gérer la pénurie.

D’autre part en ce qui concerne les évolutions démographiques le ministère raisonne de manière continue alors qu’il
faudrait raisonner de manière discrète : à conditions de travail égales une baisse de 1% des effectifs d’élèves n’est pas équivalente à une baisse de 1% des effectifs des personnels enseignants.

Exemple : dans un lycée général de 1152 élèves (36 classes de 32 élèves en moyenne), les effectifs d’élèves sont prévus en baisse de 36, soit une baisse d’environ 3%. Pour assurer les mêmes conditions de travail il est vraisemblable qu’il faille exactement les mêmes moyens en enseignants (36 classes de 31 élèves en moyenne). C’est simpliste comme exemple mais cela illustre bien qu’en terme de moyens il faut raisonner par structure d’établissement et non seulement par effectif d’élèves.

De plus en ce qui concerne les effectifs d’élèves, la France est,
au niveau de la natalité, un des premiers pays d’Europe. En
2000, on a parlé de baby boom mais, en 2006, on atteignait un
niveau de naissance jamais vu depuis les début des années
1980. Si on regarde bien, l’argument démographique est
inique.

Considérons que le nombre de naissances est un bon indicateur sur le futur nombre d’élèves scolarisés (calculs réalisés sur la base des chiffres de l’INSEE).

En lycée, par rapport à l’année 2007, les effectifs d’élèves diminueront au maximum de 5% en 2010 (1993, 1994 et 1995 sont les années où il y a eu le moins de naissances) pour retrouver les niveaux de 2007 en 2015 et être de 4% supérieurs aux effectifs de 2007 à l’horizon 2022.

En collège, les effectifs augmentent jusqu’à 1,5 % en 2012 et restent globalement supérieurs aux effectifs de 2007 jusqu’en 2018 (entre 0 et 1,5% de plus).

En primaire, les effectifs sont supérieurs d’environ 0,5% aux effectifs de 2007 jusqu’en 2013.

Globalement l’effectif des élèves scolarisés du primaire au
lycée reste stable : -0,8 % en 2010 et -0,2% en 2013.

L’argument démographique n’est donc pas valable.
Une éducation nationale bien gérée devrait effectuer des recrutements (en fonction des besoins) constants dans le temps de manière à maintenir une certaine équité entre les candidats des différentes générations et optimiser la pyramide des âges des salariés. La justification des suppressions de postes passe actuellement avant toute chose.

Au final on peut constater que les académies du sud sont les plus mal dotées en général et que l’académie de Nice est une des plus mal dotée en particulier avec Montpellier, la Réunion et la Guadeloupe.
Plus précisément l’académie perd 79 équivalents temps plein, 0,65% du stock (sic), et 106 emplois sont transformés en 1908 heures supplémentaires (106x18).

Cette diminution massive de postes qui est prévue pour durer encore quelques années ne peut être dissociée des évolutions futures du système éducatif. Le rapport de la commission Pochard (livre vert) vient d’être rendu public avec plus d’un mois de retard, les propositions du gouvernement (livre blanc), annoncées tout d’abord fin avril, sont maintenant prévues pour avant l’été.

Avant même de connaître le détail de ce qui sera proposé, il est vraisemblable que les évolutions envisagées seront de
grande ampleur (recrutement, autonomie, évaluation, annualisation,...) et le calendrier adopté, repoussé juste avant
les vacances d’été, laisse penser à un futur passage en force.


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