Conseil Supérieur de l’Education du 10 décembre 2009

lundi 4 janvier 2010
par  SUD Education Var

Déclaration de la Fédération SUD Éducation

M. Le Ministre,
Mmes et M. les membres du Conseil Supérieur de l’Éducation Nationale,

Votre projet de réforme du lycée, loin toute considération pédagogique, s’explique principalement par l’objectif de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans la fonction publique et spécialement dans l’Éducation. Celle-ci doit y contribuer pour 80 000 suppressions de postes d’ici 2012. Votre projet s’accompagne d’une régression des conditions de travail des enseignants, de la qualité des enseignements et en particulier de ce qui peut aider à la construction d’un sens critique par les lycéens. Il s’inscrit dans la continuité de vos projets et notamment de la reforme de l’enseignement professionnel et de l’Université.

Les décrets et arrêtés que vous nous présentez consacrent un net durcissement des premiers axes dévoilés en octobre. Il s’agit clairement de rentabiliser le travail des enseignants : alourdissement du nombre de classes et des effectifs à prendre en charge, mise au pas de la profession avec la création d’une hiérarchie de professeurs intermédiaires par le renforcement du rôle du conseil pédagogique ; nous en contestons tant la désignation que les prérogatives. La multiplication des tâches intégrées à nos services (aide) ou effectuées en heures sup. (tutorat, orientation) est inacceptable alors que votre ministère ne cache plus sa volontiers finir avec les COP (conseillers d’orientation psychologues) et un service public d’orientation propre à l’Éducation.

Dans le même temps la qualité des enseignements est bradée : ponctions horaires globales importantes, suppressions des dédoublements sous couvert d’une aide « fourre-tout » pour les élèves, et d’une globalisation d’une part importante des horaires. Celle-ci aboutira à la mise en concurrence des disciplines et à des choix très inégalitaires suivant les établissements et leurs publics. Dans ces conditions on peut s’interroger sur le maintien du bac comme 1er grade universitaire.

Pour les élèves, ce projet renforcera toujours le développement d’un lycée à plusieurs vitesses et aggravera la reproduction des inégalités Sociales.

SUD Éducation ne se retrouve en rien dans cette vision d’un lycée pour chacun au détriment du droit à l’éducation pour tous. La présentation du projet au CSE le 10 décembre est sans doute pour vous l’ultime étape ; nous espérons qu’elle sera avec les premières initiatives de ce jour le début d’une mobilisation contre vos projets.

Avec l’ensemble de ceux qui refusent cette régression nous voulons imposer un débat pour une véritable démocratisation du lycée.

Déclaration d’ouverture de l’intersyndicale

SNES- FSU, SNEP- FSU, SNETAP- FSU, SNFOLC, CGT Educ’action, SUD Éducation, SNCL- FAEN, SNALC- CSEN

Monsieur le Ministre,

Le SNES- FSU, le SNEP- FSU, le SNETAP- FSU, le SNFOLC ; la CGT Educ’action, SUD Éducation, le SNCL- FAEN, et le SNALC- CSEN vous ont adressé une lettre commune le 3 décembre, par laquelle ils vous demandaient de ne pas présenter au CSE réuni ce jour votre projet de réforme du lycée.

Les organisations citées considèrent que la réforme des structures que vous souhaitez se traduit, d’abord, par un accroissement dangereux de l’autonomie des établissements. Laissant à discrétion l’utilisation de près d’un tiers de l’horaire professeur, elle risque d’accroître les inégalités qu’elle prétend combattre. Elle conduira à la concurrence interne entre les disciplines, celle-ci s’est déjà exprimée. Elle induira une pareille concurrence entre les établissements.

Il n’est pas acceptable que l’accompagnement personnalisé des lycéens soit installé au détriment des horaires disciplinaires dispensés aux élèves, dans des disciplines par ailleurs dénaturées, en particulier pour celles qui sont cantonnées en seconde dans les enseignements d’exploration réduits à 1h30. De même, la mise en place d’un tronc commun en classe de première entretient l’illusion de possibilités de changement de parcours pour les élèves. Elle permettra, en réalité, l’augmentation des effectifs dans les classes et, à terme, de nouvelles suppressions de postes. Plus généralement, votre réforme suppose une extension des missions des enseignants bien au-delà de leurs responsabilités. Elle leur délègue notamment une responsabilité accrue quant à l’orientation qui n’est pas de leur mission.

Enfin, le projet que vous nous soumettez veut modifier radicalement sur plusieurs points le décret régissant le fonctionnement des EPLE. Vos propositions, qui concernent également le collège en ce qu’elles touchent notamment à l’organisation du conseil pédagogique, n’ont fait l’objet d’aucune discussion préalable. Elles font de votre projet celui d’une réforme profonde et générale de l’enseignement du second degré qui n’a jamais été débattue pour elle- même.

Cela n’est pas acceptable. La réforme n’apporterait aucune réponse à la demande unanime d’amélioration des conditions de travail des personnels et des conditions d’étude des élèves. Pourtant, le lycée doit être amélioré et personne ne peut se résoudre à l’échec d’un nombre important de jeunes, en particulier en classe de seconde. Nous vous demandons de renoncer à ce projet. Nous souhaitons la reprise des négociations sur d’autres bases, et la poursuite de celles portant sur les séries STI- STL

Résultat des votes

SUD et l’intersyndicale (SNES-FSU, SNEP-FSU, SUD Éducation SNFOLC, CGT Educ’action, SNALC-CSEN, SNCL-FAEN, SNETAP-FSU) ont voté contre les 4 projets de textes :
- « projet de décret relatif à l’organisation et au fonctionnement des EPLE » : désignation et attribution du conseil pédagogique, pour : 32 votes (dont Unsa-Éducation, Sgen-CFDT, Ligue de l’enseignement) contre : 26 (dont SUD, FSU, FO, CGT, UNEF, Snalc UNL), 7 abstentions dont la FCPE, 5 refus de vote ;
- « projet de décret relatif aux enseignements du second degré des voies générale et technologique et à l’information et l’orientation », pour : 35 votes (dont Unsa-Éducation, Sgen-CFDT), contre : 20 votes dont SUD/intersyndicale, 13 abstentions dont FCPE et UNL, refus de vote ;
- « projet d’arrêté relatif à l’organisation et aux horaires des enseignements de la classe de seconde », pour : 32 votes (dont Unsa-Éducation, Sgen-CFDT), contre : 19 (dont SUD et intersyndicale), 15 absentions (dont FCPE et UNL), 0 refus de vote ;
- « projet d’arrêté relatif à l’organisation et aux horaires des enseignements du cycle terminal », pour : 22 (dont Unsa-Éducation), contre : 22 (dont SUD et intersyndicale), 13 abstentions (dont FCPE et UNL) et 7 refus de vote (dont Sgen-CFDT qui réclamait la suppression totale de l’histoire-géographie en terminale S).

Communiqué commun du 10 décembre 2009, suite au CSE

Réforme du lycée
Le ministre enfonce le clou

Le ministre a présenté son projet de réforme du lycée au CSE (Conseil Supérieur de l’Education) le 10 décembre. Dans un discours bien rodé qui ne varie pas d’un iota depuis quelques semaines, il a confirmé l’ensemble de ses orientations et propositions, avant d’annoncer la publication des textes fin janvier.

Le ministre s’entête et n’a en aucune façon entendu les demandes qui lui ont été adressées inlassablement au nom des personnels et que le SNES-FSU, le SNEP-FSU, le SNFOLC, la CGT Educ’action, le SNALCCSEN, le SNCL-FAEN, SUD Education et le SNETAP-FSU lui ont présentées ensemble une nouvelle fois au CSE.

Il doit renoncer à son projet et reprendre les discussions sur de nouvelles bases tout en poursuivant celles sur les séries STI et STL.

Le SNES-FSU, le SNEP-FSU, le SNFOLC, la CGT Educ’action, le SNALC-CSEN, le SNCL-FAEN, SUD Education et le SNETAP-FSU prévoient dès à présent de se rencontrer en réunion intersyndicale nationale pour décider des suites à donner aux premières mobilisations de ce jour.

Le SNES-FSU, le SNEP-FSU, le SNFOLC, la CGT Educ’action, le SNALC-CSEN, le SNCL-FAEN, SUD Education et le SNETAP-FSU appellent les personnels à poursuivre et renforcer sans attendre la mobilisation dans les établissements –lycées et collèges-. Ils les appellent à se réunir dans les établissements (assemblées générales, heures d’information syndicales…), à débattre du projet du ministre, à prendre position, à discuter des suites de l’action ainsi qu’à rencontrer les parents d’élèves, les lycéens et leurs organisations.


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Brèves

Relaxe d’un policier à Nantes : adresse au nouveau Président de la République

jeudi 10 mai 2012

En novembre 2007, un policier cagoulé et casqué, en armure, protégé derrière une grille, expérimentait sa nouvelle arme, un « lanceur de Balles », en ajustant son tir dans l’œil d’un lycéen dans une manifestation.

Le 3 avril 2012, la Justice prononçait la relaxe de ce policier, tireur récidiviste, au tribunal de Nantes.

Est-il possible que nous vivions dans un pays où l’on peut mutiler un jeune homme pour le seul fait d’avoir manifesté pacifiquement ?

Sur le Web : Suite du texte

Dispositif de négociation palabre : Négo pipeau !

vendredi 13 mars 2009

Communiqué de la fédération des syndicats SUD Education suite à la réunion du lundi 9 mars au ministère (grève du 19 mars 2009).