Taux de grévistes selon le ministère : intox et manipulations

Fédération SUD Education
mercredi 13 juin 2012
par  SUD Education Var

Un détournement abusif et illégal d’informations.

Selon le ministère lui-même, « le taux de grévistes attendu dans le 1er degré » qu’il annonce résulte « du comptage de l’ensemble des déclarations individuelles reçues dans les inspections académiques au titre du service minimum d’accueil. »

Pourtant, la loi sur le « service minimum d’accueil » (SMA) n’a été officiellement instaurée que pour permettre aux autorités académiques de transmettre aux communes les informations nécessaires pour que celles-ci puissent organiser l’accueil des élèves des écoles où il y a au moins 25% de grévistes annoncé-e-s. Toute utilisation des déclarations individuelles d’intention de faire grève à d’autres fins est donc abusive et inacceptable.

L’administration a tenté à plusieurs reprises d’utiliser ces déclarations individuelles pour recenser les grévistes afin de faciliter sa gestion des retraits de salaires : elle a dû y renoncer car cet usage était manifestement illégal.

L’utilisation de ces déclarations au service de la propagande anti-grève du ministère de l’Éducation Nationale est tout aussi illégale et abusive !

Des chiffres grossièrement manipulés.

Comme à son habitude (voir encadré), le ministère opère un calcul aussi simple que faux : il prend le nombre de déclarations individuelles d’intention de faire grève reçues dans les inspections académiques, il divise celui-ci par le nombre total d’instituteurs/trices et de professeurEs des écoles, et il obtient un prétendu « taux de grévistes attendu ».

Ce chiffre est pourtant totalement faussé, pour de multiples raisons : en raison des finalités officielles du SMA seul-e-s les enseignant-e-s en charge d’une classe doivent remplir une intention de grève (ni les directeurs déchargés ce jour-là, ni les RASED, ni les remplaçants qui ignorent 48h avant où ils seront appelés, ni les formateurs déchargés de leur classe, etc.), les autres informations n’étant d’aucune utilité aux communes. Toute une partie des grévistes ne sont pas comptés comme tels par les calculs du ministère (y compris ceux qui font grève et refusent d’envoyer leur déclaration préalable).

Le ministère minore donc sciemment son numérateur. Les instituteurs/trices et professeurEs des écoles en arrêt maladie, en temps partiel n’ayant pas classe le jour de la grève, en congé parental, d’éducation, etc., tous ces personnels ne sont certes pas grévistes, mais ils ne sont pas non plus au travail : ils sont pourtant comptés (comme non grévistes) par le ministère dans le total des personnels servant de base au calcul du taux de gréviste. Le ministère
majore donc volontairement son dénominateur.

Dans le 2nd degré, des chiffres truqués de longue date.

Les principaux médias feignent la plupart du temps de ne pas comprendre les écarts entre les taux de grévistes annoncés par le gouvernement et ceux qui sont revendiqués par les organisations syndicales.

Tout le monde doit pourtant savoir que le ministère, depuis longtemps, fait des calculs sciemment erronés pour les tirer à la baisse. Son calcul est simple : s’il y a N grévistes lors de la première heure de la journée et M professeurs en tout dans un établissement, le taux de grévistes est selon lui de N/M. Même s’il sait pertinemment que dans le 2nd degré un certain nombre de collègues n’a pas de cours à donner lors de cette première heure, le ministère fait comme si toutEs les enseignantEs prenaient leur service à 8h le matin de la grève, et il calcule le taux de grévistes sur cette base-là...

Le taux réel vaut donc plus du double du taux annoncé !

En prenant pour base de calcul un numérateur drastiquement diminué par une manipulation grossière et un dénominateur très exagéré par un artifice facile, il n’est pas difficile au ministre de publier un
taux attendu de grévistes beaucoup plus bas que la réalité. Cette manipulation doit être dénoncée.

Elle doit cesser. Les personnels ne doivent pas se laisser abuser par ces tromperies !

SUD Éducation dénonce ces pratiques depuis longtemps et continue à s’opposer à ces mensonges et ces tentatives honteuses de manipulations.


Voir nos anciens articles à ce sujet :
- Mosart : symphonie ministérielle en tripatouillage majeur !
- MOSART - MOdule de Saisie des Absences et Retenues sur Traitement
- MOSART évolue, alors pourquoi pas Base élèves ???


Annonces

Contacter SUD Education Var

SUD Éducation Var
Siège du syndicat
La Luciole, 36 rue Émile Vincent, 83000 Toulon
Téléphone : 04 94 21 81 89
Fax : 04 22 14 08 43
mél : contact @ sudeduc83.org

Union locale Solidaires Dracénie
12 Boulevard Foch, 83300 Draguignan
Téléphone : 04 94 85 07 72
Fax : 04 22 14 08 64

Adhérer à SUD Éducation Var