AED au collège Françoise Dolto de Nogent en Haute-Marne, Mélanie G a été poignardée par un élève de ce petit établissement sans histoire en marge d’une fouille aléatoire des cartables à laquelle a procédé la gendarmerie ce matin du 10 juin 2025. Nous nous associons à la peine indicible de la famille de notre collègue et à celle de son fils de quatre ans qui grandira sans sa mère.
Les AED sont souvent les premières victimes des violences en milieu scolaire puisqu’ielles sont présent·es aux entrées des établissements et doivent faire face aux parents mécontents, ou sont appelé·es par les enseignant.es pour exfiltrer des salles de classes les élèves en crise.
Les AED ont un rôle clé dans le second degré, qui se révèle pleinement lorsque des grèves suivies permettent la fermeture de la Vie Scolaire qui plonge le collège dans le chaos.
Pourtant ielles ne bénéficient toujours pas d’une progression de carrière, sont souvent en sous effectif et subissent depuis 22 ans l’épée de Damoclès de la non reconduction de leur contrat en fin d’année qui les plonge dans un stress constant. Ces travailleur·es pauvres, mal payé·es et mal considéré·es sont au cœur du système éducatif. Alors que les experts discutent sur les média mainstream du financement de portiques de sécurité à l’entrée des établissements, nul ne pense à demander aux principaux intéressés (les AED), ce qu’il faudrait faire pour qu’une telle horreur ne se reproduise pas. C’est dommage, mais le mépris de classe institutionnel ne se corrige pas en un jour.
En leur posant la question de savoir comment vont les ados dont ils ont la charge et qui se confient à eux, on pourrait avoir des clés de compréhension sur le mal être de nos enfants.
Evidemment, le risque serait de constater que la surexposition aux écrans et aux contenus banalisant les actes violents leurs sont préjudiciables, que le capitalisme n’a pas d’éthique et que seul lui importe le commerce des données, que rien n’a plus d’importance que de faire de chacun·e un produit. Si nous ne nous levons pas, un fait divers comme celui de la mort de notre collègue se règlera par un appel d’offre pour un système de sécurité et encore plus de fouilles des gendarmes.
C'est pourquoi, SUD éducation appelle les enseignant·es à être solidaires plus que jamais des Vies Scolaires, à initier toutes les actions possibles allant en ce sens : caisses de grèves, heures d'information syndicale, débrayages, minute de silence, veille syndicale sur le problème des non reconductions.
SUD éducation appelle aussi les personnels à redoubler d'écoute à l'endroit des élèves et à ne pas participer à la stigmatisation ou à la criminalisation d'un mal-être qui pourrait être constaté.
